mercredi 28 février 2018

OBTENIR DES COMMENTAIRES SUR AMAZON.COM AVEC LES GOODREADS KINDLE GIVEAWAYS

Bonjour à toutes et à tous,
J'ai lancé une campagne Goodreads Giveaways. Il s’agit d’une méthode de promotion qui permet à des lecteurs du monde entier de gagner un exemplaire gratuit  par tirage au sort. Offrant une centaine d'exemplaires au format Kindle de la version anglaise de L’héritage de tata Lucie sur Goodreads.

Autrefois, on ne pouvait donner que des versions papier et les commentaires des clients (quand ils en laissaient) s'éparpillaient sur de multiples sites.
L'objectif est qu'une centaine de lecteurs demandent le livre pour ensuite laisser un commentaire sur Amazon.
Car aux States, sans commentaire, on ne peut lancer de promotion style Bookbub. Le Saint Graal des auteurs.
Avoir un roman  sélectionné pour participer à une promo Bookbub  propulse votre projet dans le top 10 Amazon.com des livres numériques. Quoique cet objectif ne soit pas toujours atteint selon certains auteurs.
Et les ventes dans le top 10 US représentent des milliers d’exemplaires par jour.
J’ai pu trouver ces chiffres pour 2015 (chiffres qui ne sont plus d’actualité car les locations influent dorénavant sur le classement) :
Top 1 à 5 : 4000 et + exemplaires par jour
Top 5 à 20 : 3000 à 4000 exemplaires par jour
Top 20 à 35 : 2000  à 3000 exemplaires par jour
Top 35 à 200 : 500 à 2000 exemplaires par jour

Depuis la parution de la version anglaise de ce roman, j'ai contacté des dizaines de blogueurs et de lecteurs aux USA. Mais ils sont tous saturés de sollicitations et refusent parfois de lire les indés.
Et en plus, il arrive aussi qu'ils ne laissent pas de commentaires.
L'avantage avec les Kindle Giveaways, c'est qu'ils sont destinés à des clients Amazon. Et ces derniers sont fortement incités à laisser un commentaire sur le site. Il est vrai que c'est plus facile pour eux, étant déjà clients de la plateforme.
De plus, Goodreads leur renvoie un message au bout de deux mois pour leur rappeler de commenter le livre.
J’avais déjà utilisé les Goodreads Giveaways au format papier. J’avais proposé 20 copies papier de mon roman. Pour un résultat très mitigé. Non seulement, le coût est important (impression, emballage, frais de port) mais des exemplaires peuvent s’égarer via la Poste.
De plus et c’est le point le plus problématique, tous les lecteurs n’ont pas laissé de commentaire. Et ceux qui l’ont fait en ont rarement laissé sur Amazon.
Qui était mon objectif premier.
Certes, les Goodreads Kindle Giveaways sont payants (contrairement au Print Giveaways) mais le ciblage est beaucoup plus précis. Et les coûts sont connus à l’avance.
Pour info, j’ai bénéficié d’une promotion au tarif de 59$ au lieu de 119$. Donc, je n’avais aucune raison d’hésiter.
Enfin, il est à noter que toute personne qui s’inscrit au Giveaway voit le roman automatiquement  ajouté à sa « Want-to-Read list ».
Et les perdants recevront une alerte en cas de nouveau Kindle Giveaway concernant le même titre.
Comparaison avec ma dernière campagne papier.
1354 participants s’étaient inscrits pour participer au Print Giveaway de Aunt Lucie’s legacy.
411 participants se sont inscrits pour participer au Kindle Giveaway du même titre.
Les 100 exemplaires se sont donc écoulés sans problème.

Il est à noter que les versions papier attirent en moyenne 6 fois plus de participants. À titre d’exemple :
Record constaté pour un Print Giveaway : 21653 participants. (Before we were yours de Lisa Wingate)
Record constaté pour un Kindle Giveaway : 3122 participants. (Baby Daddy de Kendall Ryan)

Quelques observations :
Dans la section « Description », certains experts recommandent de ne pas utiliser les propositions de Goodreads du style « Enter a chance to  win one of the 100 copies of your book ». Les lecteurs ne lisant souvent que les six premières lignes de l’annonce. Il serait plus efficace de mettre en avant le pitch de votre projet. J’essayerai lors d’un prochain Giveaway.
J’ai offert 100 copies. Pourquoi 100 ? Parce que je sais que tous les lecteurs ne laisseront pas de commentaires. Même si Goodreads les encourage à le faire huit semaines après la fin de la campagne Giveaways.
Concernant la durée du Giveaway, j’ai choisi 5 semaines car je voulais être sûr que les 100 exemplaires soient demandés. Pour info, je les ai écoulés en 3 jours.
J’ai ensuite reçu 1 à 2 demandes par jour. Avec une très nette progression les trois derniers jours.
Le titre est d’ailleurs monté à la quatrième place des Kindle Giveaways les plus demandés (Most requested) dans la catégorie « Humor and comedy ». Vous pouvez sélectionner le genre que vous préférez dans la colonne de droite intitulée « BROWSE BY GENRE ».
Par contre, il est impossible de contacter les perdants du Giveaway pour les remercier de leur participation.

Pour conclure : je recommande l’utilisation des Goodreads Kindle Giveaways. Simplicité, efficacité, ciblage optimum, gain de temps, coût maîtrisé (surtout par rapport à l’envoi de SP papiers).
Maintenant, reste à voir combien de lecteurs laisseront un commentaire…
Je ferai un ajout à cet article d’ici quelques mois pour vous tenir au courant.

Bien à vous
Philippe Saimbert
Articles sur l’édition et les univers de l’auteur. Quiz et albums dédicacés à gagner. Pas de spam.

samedi 17 février 2018

BILAN DE L’ANNÉE 2017 POUR MES ACTIVITÉS D’AUTEUR INDÉPENDANT

Bonjour à toutes et à tous,
Il y a longtemps que je n’avais pas fait de bilan concernant mes activités d’auteur indépendant. Ainsi que sur les diverses publicités et autres promotions utilisées pour vendre mes livres. Dont acte.
Tout d’abord, force est de constater que mes ventes se font essentiellement en numérique. Et sur les deux seules plateformes que sont Kobo et Amazon. Les ventes réalisées sur Apple et Google restant anecdotiques.
Contrairement à nombre de mes collègues, je vends beaucoup plus sur Kobo via leur plateforme d’autoédition Kobo Writing Life. Trois fois plus que sur Amazon. Il est vrai que je n’avais aucun livre inscrit à KDP Select et donc que je n’ai pu bénéficier de promotion style « Offre Éclair » ou bien encore « Offre du mois ». Et les lecteurs ne pouvant louer mes livres, je n’ai pu bénéficier des ventes et du classement générés par les « pages lues ».
C’est un choix que je ne regrette pas. Et on peut toujours mettre un titre en exclu sur KDP Select pendant une période de trois mois pour espérer être sélectionné pour une offre Éclair. Les responsables Amazon sont ouverts aux indés. Il en va de même pour les responsables Kobo. 
Quant aux redevances, elles sont payées rubis sur l’ongle tous les mois. Quelle que soit la plateforme, clarté des relevés, efficacité et célérité des paiements sont de mise.

Quelques chiffres pour 2017.
Kobo : 6496 ventes en numérique
Amazon : 2316 ventes en numérique et 1040 au format papier via CreateSpace.

Je suis satisfait de ces chiffres. Bien entendu, je suis loin d’égaler les stars de l’édition indé mais ces ventes n’ont pas à rougir face à celles réalisées par les auteurs publiés à compte d’éditeur.
Mon best-seller restant encore et toujours l’indétrônable tata Lucie (maintenant vendue à 75.000 exemplaires). Suivie de près par 11 serpents.
Ou comment un roman devient une rente. Peut-être l’occasion d’écrire un nouvel article sur le sujet ?...

LES DIVERSES PROMOTIONS UTILISÉES 

  • Nombreuses mises en avant de la part de Kobo lors d’offres promotionnelles. Les titres sont rentrés directement dans le top 10. À ce propos, je voudrais remercier l’équipe Kobo pour l’intérêt qu’ils portent aux indés. Je dois ajouter que hors promotion, mes deux titres phares sont toujours restés bien placés soit dans le top général, soit dans le top 10 des catégories sélectionnées. Ce qui me fait penser que le top 50 Kobo privilégie la régularité des ventes sur une longue période. Alors que les algos d’Amazon sont plus influencés par des ventes plus rapprochées. Bon, ce ne sont que des analyses empiriques et je n’ai aucune prétention à détenir la vérité.

  • Publicités Facebook. Aucun bénéfice malgré plusieurs campagnes. D’après ce que j’ai pu lire ici et là, le système est très difficile à maîtriser et ne donnerait pas beaucoup de résultats probants.

  • Envoi de SP (Services de Presse) au format papier et numérique sur le site Simplement. Une démarche que je recommande. Blogueurs sérieux et passionnés.

  • Diffusion sur la liste d’abonnés au site Ebookgang recensant des promotions à 0.99€. Cyril Godefroy a eu plusieurs fois la gentillesse d’inscrire mes promotions sur son site. Quelques ventes supplémentaires à chaque fois.

  • Promotions à 0.99$ pour la version anglaise de tata Lucie avec inscriptions sur plusieurs sites regroupant des promos, du style The Fussy Librarian, Free Kindle books & tips ou bien encore Ereader News Today. Le roman qui se trouvait dans les nimbes du classement est spectaculairement remonté à la place 3590. Bon, ceci dit, à refaire, je n’aurais pas tenté l’aventure américaine. Car vous devez vous douter que je n’ai pas (encore) amorti les 4500€ de la traduction.

MES OBJECTIFS POUR 2018

  • J’ai lancé une campagne Goodreads Giveaways afin d’obtenir des commentaires pour Aunt Lucie’s legacy. On peut maintenant offrir une centaine de versions Kindle. Je vais écrire un article dès que ma campagne sera terminée. De nombreux commentaires sont indispensables pour espérer décrocher le Saint Graal : être sélectionné et diffusé sur Bookbub ! Pour info, la liste d’abonnés Bookbub vous propulse directement dans le top 10 américain d’Amazon. PS : il est à noter que les Kindle Giveaways ne sont pour l’instant valables que pour le marché US.

  • Dès que j’en ai les moyens, je me lance sur le marché audio via les services de Findaway Voices. Le site met des auteurs en relation avec des narrateurs et surtout, permet d’être distribué sur les principales plateformes de ventes : Amazon, GooglePlay et Audible. À la différence d’ACX, leur principal concurrent à l’heure actuelle, ils ne demandent pas d’exclusivité. Je suis persuadé que le marché du livre audio va exploser dans les prochains mois.

  • Je compte rapatrier mes derniers romans encore présents sur CreateSpace sur la plateforme Amazon KDP. Et ce pour deux raisons : ne plus payer les frais de douane en cas de commande d’exemplaires auteurs et pouvoir sélectionner deux catégories sur le site de vente. CreateSpace ne proposant qu’un seul choix. Concernant le coût d’impression à l’unité, les deux plateformes se valent. Du moins en ce qui concerne mes projets.

  • J’ai aussi très envie de distribuer mes deux best-sellers en librairie. Bookelis et Iggybook proposent une distribution Hachette. Books on Demand, une distribution Sodis. Mais seul Iggybook n’impose pas un abonnement annuel. Affaire à suivre…

  • J’abandonne les dépôts-ventes en librairie. Trop de contraintes (déplacements parfois pour rien, délais de paiements, etc.). Par contre, je vais essayer de proposer mes livres en achat à compte ferme avec une remise de 50%. Un système gagnant-gagnant.


  • Je vais tester les publicités payantes sur Twitter et Instagram. Cyril Godefroy vient de me parler des Bookbub ads et du système Amazon Marketing Services. 

  • Je vais développer la vente de livres dédicacés sur mon blog principal au format numérique (à l’aide du logiciel Dedee) ou papier en utilisant Paypal comme plateforme de paiement.

  • Je vais continuer à démarcher les producteurs et participer à des concours pour les versions cinématographiques de 11 serpents et de mon thriller fantastique Le fossile d’acier. Il faut bien rêver, n’est-ce pas ?

  • Et enfin, je finalise l’écriture de mon nouveau roman : une romance teintée de drame et de suspense. Gros saut dans le vide car les lecteurs me connaissent surtout dans la comédie. Le bébé devrait naître à la fin de l’année. À la grâce de Dieu !

Bien à vous
Philippe Saimbert
Articles sur l’édition et les univers de l’auteur. Quiz et albums dédicacés à gagner. Pas de spam.

jeudi 31 août 2017

Le mythe de l’idée originale ou comment tout a été raconté


Bonjour à toutes et à tous. 
J’ai voulu écrire cet article suite à de longues et passionnantes discussions avec quelques auteurs et amis.
En effet, certains se plaignaient de ne pas trouver le pitch de « la mort qui tue », l’idée originale, le concept qui emporterait l’adhésion des lecteurs.
D’autres encore se plaignaient de retrouver des idées qu’ils avaient développées « en grand secret » dans des projets postérieurs aux leurs.
Ils ne parlaient pas toujours de plagiat mais de « coïncidence curieuse et troublante ».
J’ai donc entrepris d’approfondir le sujet sur le net.

Après avoir erré sur des forums et parcouru nombre d’articles souvent très documentés, il faut bien admettre que tous les thèmes, histoires et concepts ne sont que des redites d’anciens films, séries TV, romans, nouvelles, BD, sketchs, courts-métrages, anciens mythes et légendes. Et j’en oublie.
Bref… tout a bel et bien été raconté. Mais c’est le traitement, l’adaptation d’une idée qui va rendre cette dernière originale.
Nous ne sommes que les suiveurs de nos illustres aînés. De tous les créateurs qui ont nourri la littérature et le cinéma de leur génie.

Bien sûr, il y a des univers très originaux, très personnels qui laissent penser que les idées abordées sont totalement novatrices. Mais je suis persuadé qu’en fouillant bien… on retrouve un écho, même lointain, même déformé, dans le long et riche catalogue de la création culturelle.

Je dois préciser que les auteurs des romans, séries TV et BD des années 50 et 60 ont exploré la plupart des thèmes possibles et imaginables (au moins dans le Fantastique et la SF) et donné à nombre de genres leur titre de noblesse. Pour ne citer que quelques séries : La quatrième dimension, Au-delà du réel, Les contes de la crypte. Quant aux romans et leurs auteurs, ils sont trop nombreux pour que je puisse les citer ici.

La liste des œuvres tissant la même trame est infinie pour la personne qui s’amuserait à faire la comparaison. Je vous livre quelques œuvres cultes, connues de tout le monde et devenues des références dans leurs genres :

  • Regardez les fins étonnantes des films Le sixième sens et Les autres. Tout le monde a parlé d’originalité mais beaucoup ont oublié le dernier sketch du film Le sens de la vie des Monty Python. Attention spoiler : On y voit une dizaine de personnes réunies autour d’une table en train de discuter. À la fin du sketch, la Mort rentre dans la maison et révèle à ces derniers qu’ils sont en fait... décédés. Les convives ne le savent pas mais ils ont mangé un plat empoisonné.
  • L’univers onirique et original de Matrix a fait couler beaucoup d’encre et suscité avec raison des millions de fans de par le monde. Mais plusieurs œuvres ont auparavant abordé le thème des univers virtuels. Un épisode de La cinquième dimension : Dreams for sale. Et un épisode d’Au-delà du réel : l'aventure continue : Tempests. Ainsi que plusieurs œuvres littéraires. (Source Wikipédia)
  • En regardant L’ultime souper de Stacy Title (avec la belle Cameron Diaz), quelle ne fut pas ma surprise de constater que Le dîner de cons de Weber se rapprochait beaucoup du concept de ce film : une bande d’amis convient un invité à un dîner pour le faire parler. À la différence du film de Weber, ils le tuent à la fin du repas si ce dernier ne répond pas à leurs idéaux politiques. Et à la fin du film... on se retrouve avec le même retournement de situation que dans Le dîner de cons où l’on voit l’invité prendre une revanche sur ceux qui voulaient se jouer de lui.
  • Le dôme de Stephen King. Je vous invite à relire le roman d’Henri Vernes Les fourmis de l’ombre jaune et vous retrouverez la ville de Paris emprisonnée sous un dôme infranchissable.
  • Cube : on retrouve exactement le même concept dans un épisode de la série La Quatrième Dimension : Five characters in search of an exit.
  • Souvenez-vous du gag culte du premier Indiana Jones dans Les aventuriers de l’Arche perdue : quand Indy est en proie au manieur de sabre. Ce dernier, expert dans le maniement de ses armes, exécute d’une main de maître divers moulinets avec ses sabres. Indy se contente alors de sortir nonchalamment son flingue pour dégommer le tueur avec le plus grand flegme.
Gag culte et irrésistible. Mais on retrouve son pendant dans un épisode de Chapeau melon et bottes de cuir où l’on voit Steed face à un escrimeur visiblement expert dans son art. Ce dernier menace Steed en exécutant quelques expertes figures de style à l’aide de son fleuret. Notre héros, très flegmatique, se contente d'exécuter un petit pas de danse pour ensuite... enlever son chapeau et assommer avec nonchalance son agresseur à l’aide de celui-ci.
PS : je ne retrouve plus le titre de l’épisode. Mon dernier roman 11 serpents sera offert à la personne qui m’apportera la réponse.
  • Terminator. Même thème dans deux épisodes de la série TV Au-delà du réel : Le soldat et La main de verre, mettant en scène un guerrier fuyant le futur et pourchassé par une machine. Ou encore le film de 1966 : Cyborg 2087. « En 2087, les Cyborgs, êtres mi-humains, mi-machines, se révoltent et envoient l'un des leurs en 1960, dans l'intention de changer l'avenir. Source Wikipédia. »
  • Alien affiche nombre de similitudes avec La planète des vampires de Mario Bava. Ou bien encore It! Terror from Beyond Space d’Edward L. Cahn : vaisseau spatial, planète abandonnée et créature extra-terrestre belliqueuse.
  • Autre exemple d’archétype, celui d’Avatar. On retrouve le même thème (une civilisation paisible et en harmonie avec la nature en proie à des envahisseurs guidés par le seul profit) dans nombre de romans, BD et films. Pour n’en citer que quelques-uns : le roman Call me Joe de Poul Anderson, la BD Aquablue de Cailleteau et Vatine.
Et dans une nouvelle publiée dans un Écho des savanes Spécial USA que je viens de relire : Un monde heureux de Rafa Negrete. On y découvre un peuple paisible en harmonie avec son environnement, qui évolue dans des arbres gigantesques et chevauche de gros lézards, des rochers flottants, un cérémonial qui rappelle le tsaheylu, et une « civilisation » technologiquement avancée qui compte bien exploiter la planète des autochtones sans aucun état d’âme.
  • Pour revenir à Poul Anderson, j’ai lu cet été un roman intitulé Tau Zéro. La Terre se meurt et une expédition est envoyée dans l’espace pour trouver une planète d’accueil. Le voyage se passe mal et les voyageurs sont en butte à une distorsion temporelle ce qui fait qu’ils ne retrouveront pas leur planète comme ils l’ont laissée. J’offre mon dernier roman 11 serpents à la personne qui retrouvera le film qui aborde le même thème. NB: le titre du film a été trouvé par Eric: il s'agissait d'Interstellar.
  • Encore un film iconique des années 80 : Rambo. Nombre de similitudes avec le film Seuls sont les indomptés de David Miller. Un ancien vétéran inadapté à la société, arrive dans une petite ville américaine, se retrouve en butte avec un gardien de prison sadique et s’enfuit dans la montagne où il sera pourchassé par la police locale. Fin dramatique comme dans le film de Stallone.
  • La fin cruelle et hallucinante du crépusculaire film Old boy renvoie à la mythologie grecque avec un détournement de la tragédie d’Œdipe.
  • Et que dire de la mésaventure vécue par l’un de mes amis dessinateurs. Un jour il m’appelle, catastrophé, pour me dire qu’un « odieux personnage » avait pompé l’une des créations de son scénariste : un papillon géant aux ailes multicolores mangeur de chair humaine. Je l’ai invité à relire (encore une fois) l’aventure de Bob Morane intitulée Les papillons de l’Ombre jaune.
  • Mon roman Le fossile d’acier. Le train où le wagon abandonné en pleine nature est un archétype du cinéma et de la littérature ferroviaire. Nombre de projets (série TV, cinéma et roman) ont abordé ce sujet. Le plus ancien à ma connaissance étant un épisode de Chapeau melon et bottes de cuir : Balles costumées. Quant à l’élimination progressive de tous les protagonistes de l’histoire, là, les exemples sont légions. Cette trame a d’ailleurs engendré les sous-genres du Whodunnit et du Slasher. J’espère avoir été original dans mon « interprétation ».

On pourrait ainsi multiplier les exemples à l’infini.
Bref, chaque film trouve son reflet quelque part.
Il arrive aussi très souvent que certaines œuvres brassent avec talent plusieurs idées déjà exploitées.
Le paradoxe est que cette mosaïque engendre des œuvres uniques.
Et puis il y aussi les hommages, voulus ou inconscients, rendus aux œuvres cultes qui influencent des générations de cinéphiles et d’auteurs.

Attention, je ne dis pas que le plagiat n’existe pas. Certains n’hésitent pas à reprendre non pas la seule idée originale, qui je le répète, n’existe plus, mais aussi les personnages, l’action, certaines séquences et même parfois certains dialogues en les détournant d’habile façon.
Quel est le contrefacteur qui reprendrait une œuvre en l’état, repompant un projet mot à mot ? Aucun. Seul un œil averti pourra déceler le plagiat. Moralement indéfendable mais juridiquement très difficile à attaquer.

J’avais lu cette observation sur le net (mieux exprimée que par moi) : Le talent d’un auteur est de reprendre une idée mille fois abordée et de la traiter de telle façon qu’elle devienne unique et originale.
Pour terminer, je reprendrai  à mon tour cette célèbre formule qui devrait guider tout auteur en devenir : « Tout a été raconté mais pas par vous. »
Bien à vous
Philippe Saimbert
Articles sur l’édition et les univers de l’auteur. Quiz et albums dédicacés à gagner. Pas de spam.